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Chôra

Volume 9/10, 2011/2012
L’âme et ses Discours de l’Antiquité au Moyen Âge

Table of Contents

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Displaying: 1-20 of 30 documents


1. Chôra: Volume > 9/10
Anca Vasiliu Note liminaire
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i. les vertus du logos et de l’image à l’égard de l’âme
2. Chôra: Volume > 9/10
Lidia Palumbo Pensare l’anima nello spazio iconico dei dialoghi di Platone
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Il y a dans les Dialogues de Platon une idée scénique de l’âme. Le texte lui-même peut-être lu comme une représentation, comme une mise en scène de la pensée qui se déploie dans l’âme. L’âme, à son tour, contient une population psychique avec de nombreux habitants. Ces habitants de l’âme parlent entre eux, et ce sont ces discours qui font (sont) l’âme, parce que la psyche pour Platon a une nature linguistique, est un tissu de mots et d’images. Dans le Philèbe l’âme est assimilée à un biblion, et les textes de Platon, tout autant que les textes du théâtre, sont des biblia. L’écriture des logoi sokratikoi a pour but la mémoire (mneme) et la conservation (sōtēría) de l’enseignement du maître pendant son absence. Cependant – comme dit le Phédre – le discours du maître doit s’écrire dans l’âme des disciples, et tous les discours – comme dit le Protagoras – se gardent uniquement dans l’âme des hommes. L’âme est un texte qui garde les discours et les images, et dans l’âme, comme sur une scène, on parle avec les autres ou avec soi même. L’idée de l’âme comme une scène est fondée aussi bien sur la définition de la pensée qui – dans le Théétète – est «une discussion que l’âme elle-même poursuit tout du long avec elle-même».
3. Chôra: Volume > 9/10
Anca Vasiliu Comment parler du beau ? L’âme et ses discours dans le Phèdre
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Le Phèdre est considéré comme un dialogue portant sur le beau. Mais du beau il n’est question qu’à travers trois discours qui portent sur l’amour. La tradition des commentaires du Phèdre, telles les scholies d’Hermias, fait état d’une forme d’initiation qui permet de passer de la beauté singulière d’un corps à la beauté des logoi (éloges, discours amoureux), puis à la connaissance de la seule beauté vraie puisque parfaite, la beauté intelligible. C’est la leçon de Diotime, du Banquet, qui serait ainsi appliquée par Socrate à Phèdre dans le dialogue éponyme afin de transformer la fascination pour la rhétorique en amour de la sagesse et passer de l’imitation des belles paroles à la perfection de l’identité avec le beau dans l’Un. Cependant, la beauté évoquée par Socrate est visible et ne correspond pas à cette perfection de l’identité dans l’intelligible à laquelle aspire l’amant de la sagesse, puisque l’âme l’atteint non par un nécessaire exercice sur elle-même mais par un acte de reconnaissance qui la transcende. À l’inverse de ce qui se produit dans le Banquet, dans le Phèdre ce n’ est pas le beau qui conduit à l’amour, mais l’amour qui prépare l’âme à reconnaître le beau. Parler du beau revient alors à confier à l’âme, et à elle seule dans ce cas, l’accès aux vertus épiphaniques du logos. Ces dialogues sont revisités par Plotin dans deux textes consacrés à la question du beau (Ennéades I, 6, «Sur le Beau» [T.1] et V, 8, «Sur la beauté intelligible» [T.31]). Le modèle du discours amoureux demeure toujours le moyen privilégié pour définir le beau en même temps que pour s’exercer au perfectionnement de soi. Pourquoi la réflexivité de l’éros est-elle appelée à jouer un rôle essentiel à l’égard du beau, cette catégorie appelée plus tard transcendantale?
4. Chôra: Volume > 9/10
Filip Karfík L’âme logos de l’intellect et le logismos de l’âme. À propos des Ennéades V, 1 [10] et IV, 3 [27]
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The paper raises the question of the relationship between the description of the soul as logos and the description of its cognitive activities as logismos in Plotinus’ Enneads V, 1 [10] et IV, 3 [27]. It first offers an interpretation of the definition of the soul as a logos of the intellect in V, 1 [10]. Then it scrutinises the use of the terms logismos and logizesthai in the same treatise and compares it to a similar use of these terms in IV, 3 [27]. In both treatises, these terms refer to two distinct cognitive activities of the soul, one of which is the activity of a soul remaining in the intelligible realm and contemplating the cognitive contents of the divine intellect, while the other one denotes the defective cognitive activity of an embodied soul. In its concluding section the paper deals with Plotinus’ explanation, in IV, 3 [27], 30, of how the accomplished cognitive activity atthe level of the soul as logos of the intellect becomes a defective logismos at the level of an embodied soul. The author stresses the role of the embodied soul’s faculty of representation.
5. Chôra: Volume > 9/10
Sylvain Roux Conscience et image: Plotin et le rôle de la phantasia
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Cet article étudie le rapport particulier établi par Plotin entre deux notions, l’antilêpsis et la phantasia, pour penser la prise de conscience par l’âme de certains «objets» et de certaines activités. Car celle-ci pose un problème que Plotin a formulé clairement, à la fin du traité 10 (V, 1), sans lui trouver encore de solution absolument satisfaisante. Si l’antilêpsis a besoin de la phantasia pour s’exercer, peut-il en être de même pour les activités supérieures de l’âme dont elle voudrait prendre conscience, puisque la phantasia se rattache à la sensation dont elle est issue ? La question est alors de savoir si les réalités supérieures échappent à toute conscience ou si cette dernière peut les saisir, au moins sous la forme qui lui est propre. On cherchera ici à exposer les aspects principaux de ce problème, mais surtout, à partir de textes tirés des traités 27 (IV, 3) et 46 (I, 4), à saisir la solution que Plotin lui apporte.
6. Chôra: Volume > 9/10
Laurent Lavaud Dire le divin: Plotin, Eunome, Grégoire de Nysse
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Cet article se propose d’examiner les rapports complexes qu’entretiennent Eunome et Grégoire de Nysse vis-à-vis de Plotin, en ce qui concerne la capacité du langage humain à dire le divin. D’un côté, Eunome trouve dans le système hiérarchisé des principes plotiniens et dans la théorie néoplatonicienne de l’homonymie des points d’appui pour étayer sa propre vision des rapports entre les Personnes divines. Mais de l’autre, l’apophatisme de Plotin présente de profondes affinités avec le projet de Grégoire de préserver le mystère inconnaissable de l’ousia divine. De ce point de vue, la théorie d’Eunome selon laquelle les noms divins traduisent directement l’essence de Dieu se situe sur la rive opposée au néoplatonisme.
7. Chôra: Volume > 9/10
Alain Le Boulluec La fonction des images et des comparaisons dans le Dialogue sur l’âme et la résurrection de Grégoire de Nysse
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The rhetorical and demonstrative function of images and comparisons in Gregory of Nyssa’s De anima et resurrectione is well known. They aim at warranting the faith in resurrection and making it desirable. The prospect of this study is to show that they belong to the progress of the debate such as Gregory has composed it. Their quality changes while the author moves from the philosophical likelihood to the truth of the Scriptures. He opposes one secular image to a biblical one : at the beginning of the dialogue he refuses the comparison which reduces man to a bubble ; in the last part he chooses the solid composition (pukasmos) of the skènopègia (Ps. 117, 27). Other pictures are partly accepted, specially those which are borrowed from the sphere of tekhnè, whereas Macrina dismisses the Platonic myth of the soul’s chariot. Nevertheless, the end of the dialogue becomes pregnant with images derived from the Bible, when Macrina and his brother are discussing resurrection itself. Then by the means of the comparisons which they select, the biblical revelation and the facts of the phusis finally unite. Nature in some way supplants tekhnè, which has been honoured in the first half of the dialogue.
8. Chôra: Volume > 9/10
Wiebke‑Marie Stock Peintres et sculpteurs de l’âme dans la philosophie de l’Antiquité tardive païenne et chrétienne
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The epimeleia tês psyches, that is, the formation and purification of the soul, is an important topic in Ancient Philosophy. As the soul is immaterial it can be difficult to understand what is meant by the idea of a formation of the soul. Many philosophers in Antiquity try to explain the meaning of the formation of the soul by using linguistic imagery, that is, similes, metaphors and myths. In this paper some of these images, in particular, the images of the painter and sculptor of the soul, are presented and analysed. The function of these linguistic forms in the logic of the text and the conceptual differences between the image of the painter and the image of the sculptor are discussed.
ii. l’âme qui connaît et se connaît, l’âme qui se parle
9. Chôra: Volume > 9/10
Karel Thein L’âme, l’homme et la connaissance de soi dans le Premier Alcibiade
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Il est question de la connaissance de soi telle qu’elle est recommandée et analysée par Socrate dans le Premier Alcibiade de Platon. Tout en prenant en compte le double contexte de la littérature grecque (et plus spécialement de l’OEdipe roi de Sophocle) et des autres dialogues (surtout du Phèdre), l’article reconstruit la série de tensions entre l’effort de fournir une définition générale de ce qu’est l’homme et la tâche de se connaître soi-même en tant qu’individu. Sans perdre de vue le progrès de la division par laquelle Socrate arrive à cerner la source commune, mais difficile à décrire comme telle, de notre capacité épistémique et de la tempérance dans nos actions, il prête attention au redoublement répété d’une méréologie de l’homme et de l’âme par le vocabulaire de la puissance, voire du pouvoir politique. Apparaissent ainsi dans une lumière nouvelle les articulations du schéma de l’activité instrumentale (technê) et le modèle catoptrique, ainsi que le rôle de l’analogie et de la synecdoque comme des figures partagées par la pensée et par la parole qui essaient d’en offrir une sorte d’anatomie descriptive, destinée à suppléer la définition de l’homme en captant le reflet du divin en son âme. L’article conclut que l’ambiguïté de toute description d’un tel reflet ne diminue pas l’impact de l’analyse de l’âme par Socrate.
10. Chôra: Volume > 9/10
Andrei Cornea La prénotion d’Épicure est‑elle d’inspiration platonicienne?
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The article calls in question the widely held opinion that Epicurus developed his concept of prolepsis as an empirical “alternative response” to the Platonic Forms. One tries to show that in fact the prolepsis and the Form produce two different types of knowledge and that their difference goes beyond the fact that the former is empirical while the latter is not: the prolepsis is based on recognition and strives to ascertain the identity of the perceived things, while the Form is based on recollection and seeks to know what their essence or nature is. Recognition and recollection are phenomenologically quite different. However, it is still possible that the Epicurean prolepsis was indebted to Plato, but it was the Plato of the Theaetetus and Philebus rather than that of the Meno and Phaedo. So one holds that Epicurus developed a somehow marginal Platonic epistemology to which he assigned a central and basic role in his own epistemology (the Canon).
11. Chôra: Volume > 9/10
Miriam C. D. Peixoto L’activité de l’âme démocritéenne: de la sensation et de l’intellection
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The thought of the ancient atomists about the activity of the soul in the body is an important chapter in the history of reflection on the soul in ancient philosophy. A review of testimonies and fragments attributed to Democritus of Abdera shows its singular conception of the soul as a complex network of transactions through which it exercises, inside compound bodies, its role in driving principle of beings animated. These texts show the tension and dynamism that characterize the activity of the soul and especially the close relationship between the activities of perceiving and thinking, essential activities to the economy of living beings, now for what is the management of biological life, now in terms of knowledge and human action. What we propose here is to examine how Democritus conceived the activity of the soul in its complexity and the various operations through which it accomplishes its function in the animation and the maintenance of life of animate beings, and particularly of human life. To do this, we will take as a basis the testimonies referred to the nature of the soul – especially the testimony of Aristotle and his disciples and commentators – and then examine the activities through which proceeds its role of motor principle, namely the sensations and the intellection. And, finally, we intend to demonstrate that these operations should not be considered, in the context of atomist thought, as two independent and opposed faculties or activities, but as two different levels or degree, contiguous and complementary, of one and the same activity.
12. Chôra: Volume > 9/10
Catherine Darbo‑Peschanski L’âme d’un fou à travers son acte dans Aristote, Éthique à Nicomaque
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Nous nous sommes proposés ici de montrer qu’Aristote caractérise le fou (μαινόμενος) dans le cadre d’un système différencié d’autres notions, sans en faire seulement un cas limite, quasiment impensé. Le point de départ de l’étude est l’analyse de la triade ἀκούσιον/δι᾽ ἄγνοιαν/ἀγνοῶν qui convoque aux côtés du fou : l’homme en colère, l’homme pris de vin, celui qui dort, le méchant (μοχθηρός), l’intempérant/incontinent (ἀκρατής), le malade. Cela implique de déterminer les types d’ignorance en cause dans les actes accomplis dans chaque cas et, a contrario, en contraste avec la position socratique, les différentes formes de «l’être dans le savoir» : le savoir en entéléchie première et le savoir en acte ; le savoir du général et celui du particulier ; le savoir en acte sans intervention des affections (πάθη) et le savoir avec affections. Dans l’ensemble des catégories d’acteurs envisagées qui, selon les cas ne mettent pas en acte leur savoir de la différence entre le bien et le mal temporairement, ou le font durablement au point de transformer leur ignorance un état stable (ἕξις) de méchanceté ou encore par choix, comme l’acratique, dans cet ensemble donc, le fou apparaît comme celui qui agit par ignorance (δι᾽ ἄγνοιαν) et non pas de l’un ou de l’autre des paramètres d’une action particulière, mais de tous, à l’exception d’un seul : l’agent car, dit Aristote, «comment s’ignorer soi-même» (ἑαυτόν). Un autre moment de l’article consiste à analyser ce qu’est le soi-même en question et conclut à la réduction de l’αὐτός à ce qui accompagne la mise en acte de l’existence (τὸ εἶναι) que ce soit dans l’agir (πραττειν), le faire (ποιεῖν) ou le vivre (ζῆν). Le fou, en agissant, activerait simplement son sentiment d’exister et en cela ne pourrait «s’ignorer lui-même». Mais il faudra qu’il sorte de cette position et que, revenu à la connaissance de tous les paramètres d’un acte, il se repente de ce qu’il a accompli, pour avoir droit à la qualification d’ἀκούσιος («qui a agi contre son gré»). Chez Aristote la folie semble donc ne pouvoir être philosophiquement prise en compte que comme une crise dont on sort pour mettre en acte son savoir des paramètres d’une action particulière et n’est pas excusable parce que le fou «n’aurait pas eu conscience de son acte» mais parce qu’il a retrouvé la connaissance de ce qui compose un acte.
13. Chôra: Volume > 9/10
Bernard Collette‑Dučić Sommeil, éveil et attention chez Plotin
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D’après l’oracle d’Apollon, Plotin avait une capacité extraordinaire à ne jamais vraiment succomber au sommeil. Porphyre, dans le commentaire qu’il donne de cet oracle, introduit l’idée remarquable d’une double attention, tournée tout à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur. L’éveil de Plotin ne serait donc pas simplement une autre manière de parler de la contemplation, mais engloberait aussi un pôle «pratique», dirigé vers le monde des sens et de l’action. L’étude des Ennéades nous montre que le commentaire de Porphyre s’appuie vraisemblablement sur Plotin lui-même, lequel soutient que l’éveil du sage, fondé dans la contemplation des intelligibles (des Formes que Plotin présente littéralement comme «insomniaques»), s’exprime également à travers l’action. La thématique de l’éveil se révèle ainsi riche en enseignements, en particulier en ce qu’elle nous force à réviser notre interprétation de la vie du sage selon Plotin, une vie qui ne rejette pas l’action, mais fonde bien plutôt celle-ci dans la contemplation.
14. Chôra: Volume > 9/10
Stéphane Toulouse Synésios de Cyrène et le discours intime
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Cette étude vise à montrer comment Synésios de Cyrène, ayant adopté deux doctrines vraisemblablement porphyriennes (touchant l’enkuklios paideia et le pneuma en tant qu’organe de l’imagination), les articule en fonction d’une double préoccupation: celle d’un progrès intérieur de l’âme qui soit une progression ordonnée via les logoi, et celle d’une communication intime avec la divinité (voire de salut personnel), via une phantasia purifiée. Ce double souci de conversion intérieure, manifesté dans le diptyque littéraire constitué par le Dion: ou du genre de vie conforme à son modèle et le traité Des songes (publiés tous deux en 405), le conduit à concevoir une forme d’écriture intime qui serait une écriture philosophiquement adéquate au mode de vie auquel, idéalement, cet homme public et ce styliste hors pair envisage alors de se consacrer. Mais dans la réalité de son existence d’homme de lettres, et donc dans la pratique de son écriture, cette conversion à l’intime ne correspond qu’à un assez bref moment d’anachorèse vouée à l’étude et donc à soi-même – ultime refuge, plus rêvé que réalisé, de l’ethos platonicien, tel qu’il se le représentait.
15. Chôra: Volume > 9/10
Julie Casteigt ‘La science de l’âme est plus certaine que toute autre science’. Une interprétation eckhartienne du témoignage (Jn 8, 17)
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‘The Science of the Soul is Surer than every other Science’. An Eckhartian Interpretation of Bearing Witness (John 8 :17). Why does the knowledge of the soul constitute the surest science, according to the thesis that Meister Eckhart takes from Aristotle ? Here is the reason he gives : «Concerning what is within us, we are not seeking the testimony and approval of anyone else». But the argument of the uselessness of the testimony of another seems paradoxical in the context in which it appears : the commentary on the verse in John 8 :17 which is precisely about basing the certainty of the testimony as knowledge through the mediation of another. How are we to understand this paradox? My assumption is that it is necessary to consider the point at which the doctrinal aspect of this commentary about bearing witness and its hermeneutical aspect in relation to the interpretation of Scripture are in agreement. From the perspective of doctrine, Meister Eckhart, reinterpreting John Chrysostom, Augustine and Thomas Aquinas, aims to overturn the conception of noetic mediation into one of immediacy, basing this on the Trinitarian theory of the begetting of the Son by the Father in consubstantiality. Therefore otherness and exteriority are led back towards unity of nature and inwardness. And certain knowledge coincides with the knowledge of the principle of one’s own being. From a hermeneutical perspective, the exegesis of the verse according to its latent meaning suggested by Eckhart becomes for him a model of metaphysical and noetic interpretation : to understand in what way the one who is testifying to the principle that has engendered him delivers the most certain knowledge, it is necessary to move from the patent meaning of being and of knowledge to their latent meaning. To this extent, all knowledge through mediation that is demonstrated as external knowledge is revealed to be, in a latent sense, a manifestation of truth as an act of engendering.
16. Chôra: Volume > 9/10
Kim Sang Ong‑Van‑Cung Le moi et l’intériorité chez Augustin et Descartes
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It is somehow usual to grant that Augustine has given a former presentation of the famous argument of Descartes named the Cogito, and we ordinary think that the difference between the two authors is that the first one thinks of the inhabitation of Truth or Verbum, which transcends the ego. The paper is an attempt to think in a different way the sources of interiority in Augustine and Descartes. Based on Confessions and on De Trinitate, I trace the Greek sources of the scheme of the movement of return and elevation, which defines the reflection and the access to the interior through verbum mentis. The distance that Descartes takes with the notion of reflection, in his definition of the thought, indicates an important difference in their conceptions of the interiority.
17. Chôra: Volume > 9/10
Jan‑Ivar Lindén Intentionnalité et perception: une esquisse aristotélicienne
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Intentionality is a key concept in the phenomenological tradition, but also figures in several other currents of contemporary thought, often as a criteria of consciousness. Husserl adopted the principle of intentionality from Franz Brentano, who was heavily influenced by Aristotle and medieval Aristotelian tradition. Considering that intentionality means a direction of thought or behaviour, it is quite evident that Aristotle remains a major reference in this context : through the idea of natural entelechies, the theory of life, perception and thinking and through the ethical descriptions of dispositions, virtues and decisions. Whatever point of view chosen, it seems obvious that the equivalent of Husserlian intentionality must be something else in Aristotle than a principle of constitution of objects in the sense of modern (Cartesian and Kantian) tradition. What could be called intentionality in Aristotle seems rather to be something like a direction of behaviour, founded on natural tendencies. Such a «physiomorphic» intentionality can shed some light on the contemporary discussions concerning consciousness, knowledge and affectivity and similarly differentiate and situate the «modern» critique of teleology. The present article deals with these questions in relation to phantasia and orexis.
iii. la place de l’âme: approche théologique et approche anthropologique
18. Chôra: Volume > 9/10
Annick Charles‑Saget Le statut des âmes dans les Éléments de théologie
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Les derniers théorèmes des Éléments de Théologie de Proclus portent sur les âmes. La question que nous posons peut se dire ainsi : comment Proclus a-t-il pu, contrairement aux indications platoniciennes, insérer dans un écrit inspiré par la méthode mathématique, un développement sur les âmes? À quel prix cette méthode peut-elle être compatible avec l’espace du divin? On s’interrogera aussi bien sur les traits de l’essence des âmes qui peuvent être posés que sur ceux qui ne peuvent être atteints. Ce sont les limites de toute démarche processive qui seront ainsi soulignées.
19. Chôra: Volume > 9/10
Francesca Alesse Dio, anima e intelligibili nella Stoa
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L’article analyse les témoignages stoïciens qui définissent la divinité comme «intellect» et comme «âme du monde», et qui permettent de déterminer les contenus de la pensée divine comme logoi, c’est-à-dire certains «discours» ou «raisonnements». En premier lieu, on examine les mots νοερόν, et νοητόν pour établir à quelles réalités les Stoïciens confèrent les caractères d’intelligence et d’intelligibilité et comment ils décrivent la pensée scientifique à laquelle ils comparent la pensée divine. En second lieu, on examine la théorie des raisons séminales et ses relations historiques avec le problème des objets de la pensée divine. Enfin, on tente de montrer que les Stoïciens, tout en suivant la théologie démiurgique du Timée, unifient ce que Platon a tenu bien séparé : le Démiurge lui-même, l’âme du monde, le «vivant intelligible».
20. Chôra: Volume > 9/10
Suzanne Husson Saint Augustin et la critique de la conception stoïcienne de l’âme
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L’objectif de cette étude est de cerner l’influence que le stoïcisme a exercée sur Saint Augustin, à la fois dans la formulation de ses positions matérialistes, avant sa conversion au platonisme, et dans son rejet d’une conception matérialiste de l’âme, juste après sa conversion. La conception d’un Dieu matériel, occupant l’espace infini (Conf. VII, 1-2), étape qu’Augustin situe juste après sa rupture avec le manichéisme, doit au stoïcisme l’identification de l’être à la corporéité, ainsi que l’infinité de l’espace, mais s’éloigne de lui en cherchant à concevoir en termes matérialistes la transcendance divine. D’autre part, il est montré que dans le De quantitate animae la conception matérialiste de l’âme critiquée, tout en étant compatible avec le stoïcisme, n’est pas spécifiquement stoïcienne, alors que bon nombre des arguments développés contre elle dérivent de la polémique platonicienne dirigée contre la psychologie stoïcienne, que nous pouvons faire remonter, en particulier, au traité 2 [IV, 7] de Plotin.