Already a subscriber? - Login here
Not yet a subscriber? - Subscribe here

Browse by:



Displaying: 1-20 of 812 documents


1. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Frederik Bakker, Antonio Cimino, Elena Nicoli Introduction: Continental Interpretations of Hellenistic Thought
abstract | view |  rights & permissions | cited by
Cette introduction présente et contextualise les articles publiés dans la section spéciale dont le but est d’analyser l’interprétation de la pensée hellénistique chez les philosophes continentaux très influents tels que : Agamben, Arendt, Blumenberg, Foucault, Heidegger et Stiegler. Les articles prêtent une attention particulière à trois directions de recherche. Ils examinent tout d’abord l’influence de la pensée hellénistique sur ces auteurs et la façon dont ils ont interprété, utilisé et mésinterprété l’héritage des philosophies hellé-nistiques. Deuxièmement, les articles analysent les hypothèses in-terprétatives et les préjugés qui ont caractérisé ces interprétations. Enfin, ils nous permettent de comprendre plus clairement pourquoi plusieurs philosophes continentaux se sont intéressés à la philosophie ancienne. Les rédacteurs invités résument les conclusions pro-visoires de cette section spéciale en soulignant que les interprétations continentales de la pensée hellénistique représentent un thème particulièrement intéressant dans le cadre de la recherche historico-philosophique actuelle.
2. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Jussi Backman Modernity in Antiquity: Hellenistic and Roman Philosophyin Heidegger and Arendt
abstract | view |  rights & permissions | cited by
This article looks at the role of Hellenistic thought in the historical narratives of Martin Heidegger and Hannah Arendt. To a certain extent, both see—with G. W. F. Hegel, J. G. Droysen, and Eduard Zeller—Hellenistic and Roman philosophy as a “modernity in antiquity,” but with important differences. Heidegger is generally dismissive of Hellenistic thought and comes to see it as a decisive historical turning point at which a protomodern element of subjective willing and domination is injected into the classical heritage of Plato and Aristotle. Arendt, likewise, credits Stoic philosophy with the discovery of the will as an active faculty constituting a realm of subjective freedom and autonomy. While she considers Hellenistic philosophy as essentially apolitical and world-alienated—in contrast to the inherently political and practical Roman culture—it nonetheless holds for her an important but unexploited ethical and political potential.L’article examine le rôle de la pensée hellénistique dans les récits historiques de Martin Heidegger et Hannah Arendt. Dans une certaine mesure, tous les deux voient, avec G. W. F. Hegel, J. G. Droysen et Eduard Zeller, la philosophie hellénistique et romaine comme une « modernité dans l’antiquité », mais avec des différences importantes. Généralement, Heidegger dédaigne la philosophie hellénis-tique et finit par la considérer comme un tournant historique déci-sif qui introduit un élément protomoderne de volonté et de domination subjective dans l’héritage de Platon et Aristote. De même, Arendt attribue à la philosophie stoïque la découverte de la volonté en tant que faculté active constituant un domaine de liberté et d’autonomie subjectives. Même si elle considère la philosophie hellénistique comme fondamentalement apolitique et aliénée du monde—à l’inverse du caractère fondamentalement politique et pratique de la culture romaine—cette pensée détient néanmoins pour elle un potentiel éthico-politique important et sous-exploité.
3. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Aaron Turner Ataraxia as “Worldliness”: Epicureanism and Blumenberg’s Concept of Modernity
abstract | view |  rights & permissions | cited by
The fundamental principle of Hans Blumenberg’s concept of Modernity is “immanent self-assertion,” through which the modern human being identifies within itself the possibilities of transforming or re-constructing the world according to a human order. “Immanent self-assertion” is a product of human progress and is conditioned by the historical development of theoretical curiosity. In this article, it is argued that Blumenberg’s concept of Modernity is founded on a misinterpretation of Epicurean ataraxia, which is traditionally defined as “freedom from anxiety” and which Blumenberg himself characterizes as “dispassionate ease.” For Blumenberg, ataraxia epitomizes the limitations of theoretical curiosity before the modern era. Where Blumenberg identifies “immanent self-assertion” as the means of extending absolute influence over the world through the subjugation of nature, it is argued that Epicurean worldliness resides within a sense of self-mastery against the radical contingency of tuchē (for-tune) that defines the world order.Le principe fondamental du concept de modernité de Hans Blumen-berg est « l’affirmation de soi immanente», par laquelle l’être humain moderne identifie en lui-même les possibilités de transformer ou de reconstruire le monde selon l’ordre humain. « L’affirmation de soi immanente » est un produit du progrès humain, conditionnée par le développement historique de la curiosité théorique. Dans cet article, on avance que le concept de modernité de Blumenberg est fondé sur une interprétation erronée du ataraxia épicurien, défini traditionnellement comme « l’absence d’anxiété » et que Blumenberg lui-même qualifie de « facilité impartiale ». Pour Blumenberg, ataraxia incarne les limites de la curiosité théorique avant l'ère moderne. Là où Blumenberg identifie « l’affirmation de soi immanente » comme le moyen d'étendre une influence absolue sur le monde par la subjugation de la nature, il est soutenu que la mondanité épicurienne réside dans un sentiment de maîtrise de soi contre la contingence radicale de tuchē qui définit l'ordre mondial.
4. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Kurt Lampe Stiegler, Foucault, and Epictetus: The Therapeutics of Reading and Writing
abstract | view |  rights & permissions | cited by
Why does Bernard Stiegler speak of “this culture, which I have named, after Epictetus, my melete?” In the first part of this article, I elucidate Stiegler’s claims about both Stoic exercises of reading and writing and their significance for the interpretive questions he has adapted from Michel Foucault and Jacques Derrida. In particular, I address the relations among care for oneself and others, the use of material technologies, and resistance to subjection or “freedom.” In the second part, I consider the merits and limitations of Stiegler’s comments about reading and writing in Stoicism, with particular attention to Epictetus. We will see that Stiegler’s interpretive frame-work casts considerable light on ancient texts and contexts, on the condition that it be combined with close reading of ancient texts and engagement with specialist scholarship. Finally, in the conclusion, I will suggest that the history of technology in Epictetus’s time contributes to a debate about Stiegler’s theories.Bernard Stiegler signale à plusieurs reprises l’importance des exercices stoïciens de lecture et d’écriture. Dans la première partie de cet article, j’essaye de clarifier ces assertions et d’expliquer leur lien aux oeuvres de Michel Foucault et de Jacques Derrida. Il s’agit en particulier des rapports entre le souci de soi et d’autrui, l’usage des techniques et des matériaux et la résistante à la soumission ou à la « liberté ». Dans la deuxième partie, je considère les mérites ainsi que les limites des remarques de Stiegler sur la lecture et l’écriture au sein du stoïcisme, en portant une attention particulière à Épictète. Le point du vue stieglerien donnera de nouvelles significations à quelques passages des oeuvres d’Épictète, à condition qu’il soit conjugué à une lecture attentive d’études spécialisées et de textes anciens. Je conclurai, dans la troisième partie, en proposant que l’histoire des techniques à l’époque d’Épictète pourrait alimenter un débat à l’égard des théories de Stiegler.
5. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Evelina Praino What Remains of Stoic Ethics?: From Foucault to Italian Critical Thinkers
abstract | view |  rights & permissions | cited by
Among Foucault’s works on the “techniques of the self,” the importance of the Stoic doctrine of cura sui is testified by a number of essays such as The Care of the Self and The Hermeneutics of the Subject. In line with Foucault’s biopolitical thought throughout the 1970s, my core argument in this paper is that some authors of the Italian Theory develop their account of contemporary neoliberalism through the interpretation of cura sui as a form of self-enterprise. Thus, I compare certain passages of late imperial Stoicism with contemporary critical literature in order to demonstrate that (1) a certain semantic contiguity led to an interpretation of the technologies of the self that is quite different from Foucault’s original purpose, and (2) their ethical outcomes in the domain of self-entrepreneurship suffer from a substantial ambiguity.L’importance de la doctrine stoïque de la cura sui dans les études foucaldiennes sur les « techniques du soi » s’affirme par des ouvrages tels que Le souci de soi et l’Herméneutique du sujet. Dans le sillage de la pensée biopolitique de Foucault à la fin des années 1970, la thèse que je développe dans ce texte est que certains auteurs de l’Italian Theory, dans leur lecture du présent néolibéral, ont rapproché la question classique de la cura sui à celle de l’auto-entrepreneuriat. Dans cette perspective, je fais une comparaison de certains passages du stoïcisme impérial tardif à la littérature critique contemporaine, afin de démontrer que (1) une certaine contiguïté sémantique a conduit à une interprétation des technologies du soi assez différente des intentions originaires de Foucault et que (2) leur finalité éthique, à propos de l'auto-entrepreneuriat, confirme son ambiguïté de fond.
6. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Nicolai Von Eggers Lived Ontologies: Cicero, Agamben, and the Philosophy of Life
abstract | view |  rights & permissions | cited by
In this article, I analyze the relation between ontology and practical philosophy in Cicero’s work and the role Hellenistic philosophy plays within the work of Giorgio Agamben. I discuss the relation between life and ontology, between philosophy as a guide to living and philosophy as the study of being. Unlike philosophers who treat Hellenistic philosophy as a form of therapy (Nussbaum, Foucault, Hadot), I show how Agamben interprets Hellenistic philosophy as oppressive by turning the theory of being into an injunction of having-to-be. For Agamben, every philosophy implies a certain form of life, and it is thus impossible to distinguish between ontology and living. The aim of philosophy, therefore, is not to be therapeutic but rather to develop an ontology that will allow for humanity to live without oppression. Through a detailed reading of Cicero’s concept of “nature,” I develop the reading and critique of Cicero suggested by Agamben.Cet article analyse la relation entre l’ontologie et la philosophie pratique dans l’oeuvre de Cicéron et le rôle joué par la philosophie hellénistique dans l’oeuvre de Giorgio Agamben. Il discute la relation entre la vie et l’ontologie, entre la philosophie comme guide de savoir-vivre et la philosophie comme étude de l’être. Contrairement aux philosophes qui traitent la philosophie hellénistique comme une forme de thérapie (Nussbaum, Foucault, Hadot), je montre que Agamben interprète la philosophie hellénistique comme essentielle-ment oppressive en transformant la théorie de l'être en une injonction normative de devoir-être. Pour Agamben, toute philosophie implique une certaine forme de vie, rendant alors la distinction entre l’ontologie et la vie impossible. Ainsi, le but de la philosophie n'est pas d’être thérapeutique mais plutôt de développer une ontologie qui permettra à l’humanité de vivre sans oppression. Par une lecture du concept de la « nature » de Cicéron, je développe l’interprétation et la critique de Cicéron proposé par Agamben.
regular articles/articles variés
7. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Hannah Lagrand Hidden Depths: Thinking and the Richness of the Private in Hannah Arendt
abstract | view |  rights & permissions | cited by
Throughout her work, Hannah Arendt continually insists on the importance of the division between public and private. However, while the value of the public is a clear theme in Arendt scholarship, the unique value of the private often goes overlooked. In this essay, I draw on Arendt’s work in The Life of the Mind, particularly her discussion of the thinking activity, in order to draw out the richness that the hiddenness of the private has to offer as well as to explore what it might look like to care for the private in a modern world.Dans son travail, Hannah Arendt insiste continuellement sur l’importance de la division entre le public et le privé. Cependant, bien que la valeur du public soit un thème évident aux oeuvres intellectuelle d’Arendt, la valeur unique du privé vient souvent négligée. Dans cette dissertation, je m’appuie sur les travaux d’Arendt dans The Life of the Mind (La Vie de l’Esprit), en particulier son débat sur l’activité mentale, afin de faire ressortir la richesse dissimulée que le privé a à offrir ainsi que d’explorer ce à quoi cela pourrait ressembler si on s’occupait du privé dans un monde moderne.
8. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Alexandra Morrison The Politics of Feeling: The Phenomenology of Affect in Sara Ahmed and Judith Butler
abstract | view |  rights & permissions | cited by
The work of Sara Ahmed and Judith Butler exemplifies a recent concern with the politics of affect. Their distinctive contributions are informed by phenomenological accounts of passivity and agency. They view affect as critical to the articulation of social and political space, as well as to the individuation of embodied agents; for each, affect is key to an account of critical engagement. Their at-tention to affective economies also reflects their concern with the dynamics of exclusion, concealment, and marginalization, and thus their powerful insights into the politics of affect contribute to our understanding of the role that affect plays in both the formation of normative orientations over time, and also to their potential disruption and transformation.Le travail de Sara Ahmed et Judith Butler illustre une préoccupation récente pour la politique de l’affect. Leurs contributions distinctives sont éclairées par des récits phénoménologiques de passivité et d’agentivité. Elles considèrent l’affect comme essentiel à l’articulation de l’espace social et politique, ainsi qu’à l’individuation des agents incarnés; pour chacune, l’affect est la clé d’engagement critique. Leur attention aux économies affectives reflète également leur préoccupation pour les dynamiques d’exclusion, de dissimulation et de marginalisation, et ainsi leur puissante connaissance de la politique de l’affect contribue à notre compréhension du rôle que joue l’affect dans le modelage des orientations normatives au fil du temps et leur perturbation et trans-formation potentielles.
9. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
Whitney Howell Necessary but Insufficient: Merleau-Ponty and the Ethics of Anonymity in Interpersonal Life
abstract | view |  rights & permissions | cited by
In Phenomenology of Perception, Merleau-Ponty presents an account of an “anonymous” body that informs perception and habit and that exerts a normative force in shaping more personal aspects of who we are. This paper demonstrates the relevance of Merleau-Ponty’s account of anonymity to interpersonal experience. I argue that although anonymity is a necessary condition of interpersonal life, it inhibits our recognition of our own and others’ freedom. I draw on Derrida’s analysis of justice in “Force of Law” to propose that ethical interpersonal life requires that we develop a critical relationship to the anonymity that underlies our experience of others.Dans la Phénoménologie de la perception Merleau-Ponty présente sa conception de l’anonymat du corps, en tant qu’il influence la perception et l’habitude et en tant qu’il exerce une force normative sur les aspects personnels du soi. L’article analyse la pertinence de cette conception de l’anonymat pour l’expérience interpersonnelle. Bien que l’anonymat soit une condition nécessaire à la vie interpersonnelle, je soutiens qu’il nous empêche de reconnaître notre liberté ainsi que celle des autres. En faisant appel à l’analyse de la justice entreprise par Derrida dans Force de Loi, je montre qu’une vie interpersonnelle éthique nécessite le développement d’un rapport critique à l’anonymat qui sous-tend notre expérience des autres.
10. Symposium: Volume > 24 > Issue: 2
List of Book Reviews/Liste des comptes rendus
view |  rights & permissions | cited by
11. Symposium: Volume > 24 > Issue: 1
Jean-Philippe Deranty “A Matrix of Intellectual and Historical Experiences”: The Marxist Core in Merleau-Ponty’s Post-War Thinking
abstract | view |  rights & permissions | cited by
This article seeks to re-evaluate the importance of the political in the thinking of Maurice Merleau-Ponty. The article first shows that Sartre’s description of Merleau-Ponty’s intellectual trajectory as one of increasing political apathy from the 1950s onwards is inaccurate. The article then demonstrates that throughout the post-war period, including in his project for a new ontology, Merleau-Ponty believed that a revised version of Marxism would provide the methodological framework within which philosophical work could address the political challenges of the present. This revised Marxism was to be a direct alternative to the reifying uses of Marx’s thinking. It would rely upon the latter’s self-reflexive historicism, which meant its very failures showed how philosophy might transform itself in connection with its own time. Cet article tente souligner la place du politique dans la pensée de Maurice Merleau-Ponty. On contestera d’abord la description faite par Sartre de sa trajectoire intellectuelle, selon laquelle il aurait fait preuve d’une apathie croissante, à partir des années cinquante, vis-à-vis des questions politiques. On montrera ensuite que durant toute la période d’après-guerre, jusque dans les recherches ontologiques ultimes, Merleau-Ponty a pensé qu’un usage renouvelé du marxisme permettrait au travail philosophique de répondre aux défis politiques du présent. Une telle révision du marxisme représentait une alternative directe aux usages réifiant de la pensée de Marx. Cette révision serait rendue possible par la réflexivité historiciste de cette pensée, qui fait que, dans ses erreurs mêmes, celle-ci révèle la capacité de la philosophie à se transformer au contact de son temps.
12. Symposium: Volume > 24 > Issue: 1
Janar Mihkelsaar Experiencing and Saying the Finitude of Language in Heidegger and Derrida
abstract | view |  rights & permissions | cited by
This article explores how the later Heidegger and the early Derrida experience and say the “being” of language. Both stumble upon the impossibility of bringing language into language—either because, for Derrida, all terms are implicated in the differential process of semiosis; or because, for Heidegger, articulations are responses called forth from the being of language. This is how we experience the finitude of language. Instead of being plainly nameless, the word comes into presence in its being-absent, but does so in conflicting ways. Derrida’s différance brings into language the infinite self-signification of language, while Heidegger’s Ereignis brings into it the self-concealment of language in propositional statements. Cet article examine comment Heidegger, vers la fin de sa vie, et Derrida, à ses débuts, éprouvent et disent « l’être » du langage. Tous deux découvrent l’impossibilité de faire entrer le langage dans le langage – soit, dans le cas de Derrida, car tous les termes sont impliqués dans le processus différentiel de la semiosis; soit, dans le cas de Heidegger, car les articulations sont les réponses appelées par l’être du langage. C’est ainsi que nous faisons l’expérience de la finitude du langage. Au lieu d’être tout simplement sans nom, le mot trouve présence dans son être-absent, de manières néanmoins conflictuelles. La différance de Derrida fait entrer dans le langage l’auto-signification infinie du langage, alors que l’Ereignis de Heidegger y introduit l’auto-dissimulation du langage dans des formulations propositionnelles.
13. Symposium: Volume > 24 > Issue: 1
Mélissa Thériault Despentes ou l’affranchissement du corps
abstract | view |  rights & permissions | cited by
La romancière et essayiste Virginie Despentes s’est imposée par une plume qui fait écho aux travaux de Preciado ou Butler, où, par le biais d’une forme de recherche-création, elle aborde des thèmes tels que la prostitution, la pornographie ou la violence féminine. Partant du principe selon lequel le personnel est politique, sa réflexion expose le caractère construit de ce qu’on prend habituellement pour donner : le soi et l’identité genrée. Cet article entend montrer comment le corps est décrit par Despentes comme lieu d’une potentielle résistance politique dans la mesure où, tout comme le soi, il peut se soustraire du moins en partie aux déterminismes par un processus d’autoreconstruction. En transformant leurs corps de façon à redéfinir leur identité, les personnages décrits par Despentes présentent différentes façons de penser les rapports entre individus, mais surtout, de générer un discours critique qui permet de penser l’identité au-delà des dichotomies de genre. French novelist and essayist Virginie Despentes has become prominent through her literary work, which echoes the works of Preciado or Butler. Through a form of research-creation, Despentes tackles topics such as prostitution, pornography, and female violence. Starting from the principle that “the personal is political,” her reflection exposes the constructed character of what is usually taken as given: the self and gendered identity. This article intends to show how Despentes describes the body as the locus of a potential political resistance insofar as, like the self, it can at least partly escape determinisms by a process of self-reconstruction. By shaping their own bodies so as to redefine their identity, the characters created by Despentes present different ways to rethink the connections between individuals and, most importantly, different ways to generate a critical discourse that allows one to think about identity beyond gender dichotomies.
14. Symposium: Volume > 24 > Issue: 1
Kathryn Lawson Art and the Other: Aesthetic Intersubjectivity in Gadamer and Stein
abstract | view |  rights & permissions | cited by
Engaging with Hans-Georg Gadamer and Edith Stein, this article argues that art offers us a glimpse of the interiority of both the artist and the community of connoisseurs who share in a love of art. By tarrying with the other in the artwork, the other becomes enmeshed in the meaning of that work and herself becomes a facet of how art is meaningful and world-making. This process does not claim to know the entirety of the other. Rather, the other, like the artwork, is seen only in part. A trace of the other’s interiority affirms our suspicion of connection to the other but always maintains her mystery and autonomy beyond our totalizing conceptualization. Né d’une collaboration entre Hans-Georg Gadamer et Edith Stein, cet article soutient que l’art nous offre un aperçu authentique de l’intériorité de l’artiste et de la communauté de connaisseurs qui partagent leur amour de l’art. En s’attardant avec l’autre dans l’art, l’autre commence à s’emmêler sur le sens de cet art et il devient eux-mêmes une facette de la richesse de l’art et de la trans-formation du monde. Ce processus ne prétend pas connaître l’autre dans son intégralité. Au contraire, l’autre, tout comme l’art, est vu seulement en partie. Des réminiscences de l’intériorité de l’autre confirment notre suspicion de connexion à l’autre mais préservent toujours son mystère et son autonomie au-delà de notre conceptualisation totalisante.
15. Symposium: Volume > 24 > Issue: 1
Michael Bennett Answering the Bioethicists’ Objection: Habermas and Arendt on Evolution
abstract | view |  rights & permissions | cited by
Bioethicists criticize Jürgen Habermas’s argument against “liberal eugenics” for many reasons. This essay examines one particular critique, according to which Habermas misunderstands the implications of human evolution. In adopting Hannah Arendt’s concept of “natality,” Habermas seems to fear that genetically modified children will lose the contingency of their births, which would impair their capacity for political action; but according to evolutionary theory, bioethicists argue, this fear is unfounded. I explore this objection by entertaining the hypothesis that Habermas’s argument assumes Arendt’s interpretation of Darwinian evolution in addition to her conception of natality, and then I answer it by contrasting the conceptions of evolution held by Habermas, by Arendt, and by Habermas’s critics. Les bioéthiciens critiquent l’argument de Jürgen Habermas contre « l’eugénisme libéral » pour de nombreuses raisons. Cet essai examine une critique en particulier, selon laquelle Habermas comprend mal les implications de l’évolution humaine : en adoptant le concept de la « natalité » de Hannah Arendt, Habermas semble craindre que les enfants soumis à une modification génétique ne perdent la contingence propre à leur naissance, une perte qui diminuerait leur capacité pour l’action politique, mais selon la théorie de l’évolution, les bioéthiciens soutiennent que cette peur est sans fondement. J’explore cette objection à Habermas en considérant l’hypothèse que, en plus du concept de la natalité, Habermas suppose aussi l’interprétation arendtienne de l’évolution biologique de Darwin, et j’y répond en confrontant cette conception de l’évolution avec la conception propre à Habermas et avec celle des bioéthiciens qui lui ont répondu.
16. Symposium: Volume > 24 > Issue: 1
Andrew Jampol-Petzinger Kierkegaard as a Thinker of Deleuzian Immanent Ethics
abstract | view |  rights & permissions | cited by
In this article, I present an interpretation of Kierkegaard’s ethics in terms of Gilles Deleuze’s distinction between immanent ethics and transcendent morality. I argue that Kierkegaard’s skepticism towards moral prescription, his emphasis on the single individual as the basis of normative evaluation, and his view of Christianity as somehow “beyond” the scope of moral obligation are all functions of a Deleuzian conception of immanent ethics as a non-moralistic form of normativity. On this basis, I argue for two conclusions: first, that Kierkegaard’s work is better understood through this frame-work than through either aretaic or deontological frameworks; and second, that Deleuzian ethics is better served by Kierkegaardian illustrations like patience and stillness, than by the tropes of destruction that are often associated with it. Dans cet article, je présente une interprétation de l’éthique de Kierkegaard du point de vue de la distinction deleuzienne entre l’éthique immanente et la moralité transcendante. Dans cette perspective, je soutiens que le scepticisme de Kierkegaard quant à la prescription morale, sa conception d’un christianisme « en dehors » du champ de l’obligation morale, et l’accent qu’il fait porter sur le seul individu comme étant la base des évaluations normatives, sont tous fonction d’une conception deleuzienne de l’éthique immanente, en tant que forme amorale de la normativité. Sur cette base, j’affirme deux conséquences : la première, que l’oeuvre kierkegaardienne est mieux comprise selon ce cadre que selon, d’une part, le cadre de l’éthique de la vertu, et d’autre part, le cadre déontologique. La deuxième, que l’éthique deleuzienne s’illustre mieux par les exemples kierkegaardiens, comme ceux de la patience et de la tranquillité, que par les tropes de la destruction auxquels elle est souvent associée.
17. Symposium: Volume > 24 > Issue: 1
Constantin V. Boundas, Daniel W. Smith, Ada S. Jaarsma Encounters with Deleuze: An Interview with Constantin V. Boundas and Daniel W. Smith
abstract | view |  rights & permissions | cited by
This interview, conducted over the span of several months, tracks the respective journeys of Constantin V. Boundas and Daniel W. Smith with the philosophy of Gilles Deleuze. Rather than “becoming Deleuzian,” which is neither desirable nor possible, these exchanges reflect an array of encounters with Deleuze. These include the initial discoveries of Deleuze’s writings by Boundas and Smith, in-person meetings between Boundas and Deleuze, and the wide-ranging and influential philosophical work on Deleuze’s concepts produced by both Boundas and Smith. At stake in this discussion are key contributions by Deleuze to continental philosophy, including the distinction between the virtual and the actual and the very nature of a “concept.” Also at stake is the formative or pedagogical impact of a philosopher, like Deleuze, on those who find and fully engage with his texts, concepts, and project. Cette interview, menée sur plusieurs mois, suit les parcours respectifs de Constantin V. Boundas et Daniel W. Smith avec la philosophie de Gilles Deleuze. Au lieu de « devenir Deleuzien, » ce qui n’est ni souhaitable ni possible, ces échanges reflètent un éventail de rencontres avec Deleuze. Il s’agit notamment des premières découvertes des écrits de Deleuze par Boundas et Smith, des rencontres en personne entre Boundas et Deleuze, et du travail philosophique vaste et in􀏔luent sur les concepts de Deleuze produit par Boundas et Smith. L’enjeu ici étant les contributions clés de Deleuze à la philosophie continentale, y compris la distinction entre le virtuel et l’actuel, et la nature même d’un « concept. » Mais il y a aussi l’impact formateur ou pédagogique d’un philosophe, comme Deleuze, sur ceux qui trouvent et s’engagent pleinement dans ses textes, ses concepts et ses projets.
18. Symposium: Volume > 24 > Issue: 1
List of Book Reviews/Liste des comptes rendus
view |  rights & permissions | cited by
selfhood, embodiment, materiality
19. Symposium: Volume > 23 > Issue: 2
Christine Daigle Introduction: Selfhood, Embodiment, Materiality
view |  rights & permissions | cited by
20. Symposium: Volume > 23 > Issue: 2
Christopher Cohoon Extravagant Generosity: Plotinus, Nietzsche, Levinas
abstract | view |  rights & permissions | cited by
This paper proposes a heterodox reading of Levinas’s Otherwise Than Being by means of a hitherto unacknowledged lineage run-ning from Plotinus through Nietzsche to Levinas. Its claim is two-fold. (1) Throughout Nietzsche’s Zarathustra, and especially in its important speech on the “gift-giving virtue,” Nietzsche corporealiz-es and ethicizes Plotinian emanationist metaphysics, borrowing from it the notion of an auto-generosity that is extravagant and non-substantial. (2) Levinas’s late conception of embodied ethical giving in Otherwise Than Being borrows from this borrowing, al-beit in a way that draws more deeply on the logic of emanationism than Zarathustra does. Interpreting Levinas through Plotinus and Nietzsche in this way provides access to a version of his late ac-count of embodied ethical giving that is much stranger than the ul-tra-humanist version typically foregrounded both in the literature and in his self-presentation.