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81. Symposium: Volume > 22 > Issue: 1
Chantal Benoit-Barneé, Khaoula Zoghlami La notion de porte-parole à la croisée de la rhétorique: Enjeux de repre·sentation et communication
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Cet article se propose d’explorer différentes conceptions de la notion de porte-parole dans le travail de Bruno Latour, ainsi que les enjeux de communication et représentation qu’elles soulèvent du point de vue d’une approche rhétorique de la communication. En tant que maître de la traduction, diplomate ou partie prenante du cercle politique, le ou la porte-parole est essentiellement un médiateur par qui un collectif peut se former et agir publiquement. Nous proposons d’étayer notre discussion par un examen des expérimentations et mutations récentes de la figure du porte-parole politique dans les mouvements sociaux horizontaux, tel que Occupy, et les organisations horizontales telle que la CLASSE.This article explores different conceptions of the notion of spokesperson in Bruno Latour’s work, as well as the issues of communication and representation these conceptions raise for a rhetorical approach to communication. As a master of translation, a diplomat, or a key component of a political circle, the spokesperson is essentially a mediator through whom a collective establishes itself and acts publicly. We further develop our discussion of these different conceptions by examining recent experiments and changes in the figure of the political spokesperson in horizontal social movements such as Occupy, and horizontal organizations such as CLASSE.
82. Symposium: Volume > 22 > Issue: 1
Jean-Louis Genard Bruno Latour, penseur moderne: Enquête sur quelques éléments de pensée double-clic [DC] chez Bruno Latour, ainsi que sur son attachement [ATT] pourtant dénié à la modernité
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De Nous n’avons jamais été modernes jusqu’à l’Enquête sur les modes d’existence, Latour s’est toujours positionné sur le terrain de l’anthropologie, articulant une anthropologie comme méthode d’enquête avec une anthropologie comme objet de l’enquête. Rappelant les thèses de Foucault qui décrivent l’homme de la modernité comme « doublet empirico-transcendantal », et s’appuyant sur une lecture de Kant qui privilégie l’antinomie liberté-déterminisme, cet article montre que la modernité est passée d’une dominante anthropologique disjonctive séparant les êtres à une dominante conjonctive dans laquelle ils se situent sur un continuum allant de l’hétéronomie à l’autonomie, où nature et culture s’entrelacent…. Loin de rompre avec la modernité, la pensée de Latour serait on ne peut plus moderne, radicalisant le passage de la disjonction vers la conjonction, mais s’empêtrant dans les antinomies de sa propre radicalité.Beginning with We Have Never Been Modern up to An Inquiry into Modes of Existence, Latour has always positioned himself in the field of anthropology, articulating anthropology both as a method of inquiry and as the object of inquiry. Through recourse to Foucault's claim that modernity’s human is an “empiricaltranscendantal doublet”, and based on a reading of Kant that champions the freedom-determinism antinomy, this article shows that modernity has shifted from a “disjunctive” anthropological trend that separates beings into a conjunctive trend that locates them on a continuum going from heteronomy to autonomy, where nature and culture intertwine…. Far from breaking with modernity, Latour’s thinking could not be more modern, since it radicalizes the shift from disjunction to conjunction, though at the cost of tangling up in the antinomies of its own radicalism.
83. Symposium: Volume > 22 > Issue: 1
Lambert Zuidervaart Surplus beyond the Subject: Truth in Adorno’s Critique of Husserl and Heidegger
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Theodor Adorno’s idea of truth derives in part from his critique of Husserlian phenomenology and Heideggerian ontology. This essay examines three passages from Zur Metakritik der Erkenntnistheorie and Negative Dialektik in which Adorno appears intent on wresting a viable conception of propositional truth from Husserl’s account of categorial intuition and Heidegger’s conception of Being. While agreeing with some of Adorno’s criticisms, I argue that he does not give an adequate account of how predication contributes to cognition. Consequently, he fails to offer the viable conception of propositional truth required for both his critique of Heidegger and his broader idea of truth.L’idée adornienne de la vérité dérive en partie de sa critique de la phénoménologie husserlienne et de l’ontologie heideggérienne. Cet essai examine trois passages de Zur Metakritik der Erkenntnistheorie et Negative Dialektik où Adorno paraît vouloir tirer une conception viable de la vérité propositionnelle de l’explication de l’intuition catégoriale de Husserl et de la conception de l’Être d’Heidegger. Quoiqu’en accord avec certaines des critiques qu’avance Adorno, je maintiens qu’il néglige la manière dont la prédication contribue à la cognition. Par conséquence, sa conception de la vérité propositionnelle n’est pas viable étant donné sa propre critique d’Heidegger ainsi que son idée générale de la vérité.
84. Symposium: Volume > 22 > Issue: 1
James Phillips The Eternal Return of the Same and the Missed Opportunity of Heidegger’s Nietzsche: Sacrificing the Perspectivism of Moods to the History of Being
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Heidegger’s reading of Nietzsche’s doctrine of the eternal return of the same exhibits the preoccupations and limitations of his middle and late periods. It situates Nietzsche in the grand narrative of the history of the misunderstanding of being that Heidegger was striving to map. Yet it thereby neglects the question of the primordiality and insuperability of mood that was a focus of Being and Time and The Fundamental Concepts of Metaphysics. It does not acknowledge the alternative ontological path pursued by Nietzsche’s engagement with a world and time grounded in joy. This article attempts to defend Nietzsche by means of an appeal to the early Heidegger.La lecture de Heidegger de la doctrine de l’éternel retour du même de Nietzsche montre les préoccupations et les limitations des périodes moyenne et tardive de celui-là. Elle situe Nietzsche dans le métarécit de l’histoire du malentendu quant à l’être, à la schématisation duquel Heidegger s’était engagé. Toutefois elle néglige parlà la question de la primordialité et de l’insurmontabilité de l’humeur (Stimmung) qui était l’un des problèmes centraux d’Être et Temps et des Concepts fondamentaux de la métaphysique. Elle ne reconnaît pas la voie ontologique alternative qu’avait poursuivie l’engagement de Nietzsche avec un monde et un temps fondés sur la joie. Cet article essayera de défendre Nietzsche par un appel au Heidegger de la première période.
85. Symposium: Volume > 22 > Issue: 1
Emmanuel Chaput Hegel lecteur de Bichat, ou comment la raison spéculative fait d’une distinction d’entendement un moment conceptuel du vivant
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Malgré l’extrapolation parfois violente qu’opère Hegel, son traitement des découvertes physiologiques de Bichat montre à quel point il demeure soucieux de penser la compatibilité entre sciences empiriques et sciences spéculatives ou philosophiques. Loin de déduire un concept de la nature a priori indépendamment de toute considération pour les travaux de son temps, Hegel est au contraire un lecteur attentif des sciences en plein essor. Son système doit ainsi se comprendre à l’aune d’un dialogue constant avec les sciences dans lequel la philosophie se nourrit des nouvelles découvertes scienti 􀏔iques tout en jetant une lumière nouvelle sur celles-ci. C’est un tel phénomène, résultat du dialogue qu’entretient Hegel avec Bichat, que j’expose ici en m’intéressant à la distinction bichatienne entre vie organique et vie animale et la manière dont Hegel reprend cette distinction en lui conférant une dimension résolument speculative.Despite the sometimes violent extrapolation carried out by Hegel, the way he treats Bichat’s physiological discoveries shows the extent to which he is concerned about the compatibility between the empirical sciences and the speculative/philosophical sciences. Far from deducing an a priori concept of nature with no consideration for the works of his time, Hegel is on the contrary an attentive reader of the burgeoning science. His approach must therefore be understood as a constant dialogue with science. Through this dialogue, philosophy draws on new scienti􀏔ic discoveries while simultaneously interpreting them in a new light. It is such a phenomenon, resulting from the dialogue between Hegel and Bichat, that I examine here, with a particular interest in the distinction between organic life and animal life, as held by Bichat, and the way Hegel takes this distinction and confers on it a resolutely speculative dimension.
86. Symposium: Volume > 22 > Issue: 1
Bruce Baugh From Serial Impotence to Effective Negation: Sartre and Marcuse on the Conditions of Possibility of Revolution
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Marcuse and Sartre take up the problem of alienating otherness from a Marxist perspective, Marcuse in One-Dimensional Man and Sartre in his Critique of Dialectical Reason. For Sartre, the “series” is a social relation that places individuals in competition, mediated by the materialized result of past praxis. For Marcuse, the loss of agency results from the productive apparatus determining the needs and aspirations of individuals. The question is how to convert alienating negativity into a negation of the society that negates individuals. For Sartre, this “negation of the whole” can come only from a mortal threat facing all members of the serialized group. For Marcuse, it comes from the individual becoming aware of her alienation, especially through works of art. For both, revolt must be a historically constituted, collective “living contradiction.”Marcuse et Sartre abordent le problème de l’altérité aliénante à partir d’une perspective marxiste, Marcuse dans L’homme unidimensionnel et Sartre dans sa Critique de la raison dialectique. Pour ce dernier, la « série » est une relation sociale qui met les individus en compétition, médiatisée par le résultat matérialisé de la praxis passée. Pour Marcuse, la perte de pouvoir est causée par le dispositif de production qui régule les besoins et les aspirations des individus. La question est ainsi comment transformer la négativité aliénante en une négation de la société qui nie les individus : d’après Sartre, cette « négation du tout » ne peut venir que d’une menace mortelle subie par tous les membres du groupe sérialisé ; si l’on en croit Marcuse, elle vient plutôt du fait qu’un individu prenne conscience de son aliénation, notamment à travers l’oeuvre d’art. Pour les deux, la révolte doit être, dans tous les cas, une « contradiction vivante » collective et historiquement constituée.
87. Symposium: Volume > 22 > Issue: 1
Rick Elmore Identity, Exchange, and Violence: The Importance of Marxism for Reconciling Adorno’s Metaphysics and Politics
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This paper follows the question of violence as a guide to exploring the link between the metaphysical, social, and political in Adorno’s thought. More specifically, I argue that violence, in the form of the exclusion, domination, and fungibility of life, marks the shared space of the metaphysical, material, and ethical for Adorno. Hence, this project contests the longstanding Habermas-inspired notion that there is something unclear in the way in which Adorno’s metaphysical and methodological critiques connect to his social and political concerns—most specifically, his desire to address real suffering. In addition, this paper contributes to the growing interest in Adorno’s Marxism, showing that it is through his commitments to Marx that Adorno sees the real, material importance of his critique of metaphysics and ontology, as well as the possibility for resisting the forces of social domination.Cet article suit la question de la violence comme une guide pour explorer le lien entre la métaphysique, le social et le politique dans la pensée d’Adorno. Plus particulièrement, je soutiens que la violence, sous la forme de l’exclusion, la domination et la fongibilité de la vie, marque l’espace partagé de la métaphysique, du matériel et de l’éthique chez Adorno. Dès lors, ce projet remet en cause la notion de longue date inspirée par Habermas selon laquelle il y aurait quelque manque de clarté dans la manière dont les critiques métaphysiques et méthodologiques d’Adorno se relient avec ses soucis sociaux et politiques—plus spécifiquement son désir de s’occuper de la souffrance réelle. Par ailleurs, cette étude contribue à l’intérêt en plein essor au marxisme d’Adorno, montrant que c’est dans ses engagements avec Marx qu’Adorno voit l’importance réelle et matérielle de sa critique de la métaphysique et de l’ontologie, ainsi que la possibilité de résister aux forces de la domination sociale.
88. Symposium: Volume > 22 > Issue: 1
List of Book Reviews/Liste des comptes rendus
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89. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Donald A. Landes Introduction
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90. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Donald A. Landes Avant-propos
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91. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Iris Marion Young, Donald A. Landes Lancer comme une fille: Une phénoménologie de la motilité, de la spatialité et du comportement corporel féminins
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92. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Gayle Salamon Phenomenologies of Relation: Re-Worlding Gender with Iris Marion Young
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This essay reads Iris Marion Young’s foundational essay “Throwing Like a Girl” as one of the first serious attempts to mount a critique of phenomenology’s universal aspirations using its own methods, in order to show that its humanism was deeply, if unknowingly, inflected by gender. I show how Young’s use of Erwin Straus’s and Maurice Merleau-Ponty’s phenomenological methods both extend and challenge their claims, and her how assertions about the particularity of feminine existence call into question some of phenome-nology’s deepest convictions about bodily existence in general. Her argument thus uses phenomenology to call into question the phenomenological foundation on which it rests, in a feminist reconsideration of motility, space, intentionality, and transcendence. I conclude by turning to “Throwing Like a Girl: Twenty Years Later” twenty years after its publication and consider the phenomenology of action and relation that Young gestures toward there. Dans cet article, nous présenterons l’article révolutionnaire d’Iris Marion Young, « Lancer comme une fille », comme l’une des premières tentatives de critiquer les aspirations universelles de la phénoménologie en utilisant ses propres méthodes. Young démontre que l’humanisme de la phénoménologie est profondément (et mal-gré elle) influencé par le genre. Nous montrerons en quoi le recours par Young aux approches phénoménologiques d’Erwin Straus et de Maurice Merleau-Ponty permet de mettre à l’épreuve leurs thèses. Nous expliquerons ensuite comment son exploration de la spécificité de l’existence féminine met en question les convictions les plus profondes de la phénoménologie concernant l’existence corporelle en général. Ainsi, en examinant la motilité, l’intentionnalité et la transcendance dans une perspective féministe, Young fait appel à la phénoménologie pour questionner les fondements phénoménologiques sur lesquels il repose. Dans un deuxième temps, nous abor-derons, vingt ans après sa publication, l’article « Throwing Like a Girl : Twenty Years Later » pour présenter la phénoménologie de l’action et de la relation qui y est esquissée.
93. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Gail Weiss The Perils and Pleasures of the “I Can” Body
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Though Young’s “Throwing Like a Girl” has been praised for pre-senting the “I can” body as more of an aspiration than a reality for many women in the world today, she has also been criticized for claiming that women’s typical modes of bodily comportment are contradictory, and thus that their experience of the “I can” body is compromised. From her critics’ perspective, Young’s account seems to imply that women’s experiences of embodied agency are inferior or deficient in comparison to men who have been encouraged to maximize their physical capabilities. The question this essay addresses is whether the “I can” body is itself a suspect notion that should be rejected altogether, or whether the problem lies in its sexist, racist, and ableist history that has failed to acknowledge the di-verse experiences of embodied agency it was originally intended to describe. Quoique « Lancer comme une fille » ait reçu des éloges pour sa pré-sentation du « je peux » corporel non comme la description d’un état de fait, mais plutôt comme une aspiration pour beaucoup de femmes dans le monde contemporain, certains critiquent la présentation des modalités typiques du comportement corporel féminin comme « contradictoire », car il en découle que l’expérience par les femmes du « je peux » corporel est compromise. Selon ces critiques, l’approche de Young semble impliquer que l’expérience féminine de l’agentivité corporelle est inférieure ou déficiente par rapport à celle des hommes, ces derniers ayant été encouragés à cultiver au maximum leurs capacités physiques. Dans cet article, nous poserons la question suivante : le « je peux » corporel est-il un concept sus-pect que l’on doit rejeter, ou doit-on plutôt dire que le problème gît dans l’histoire sexiste, raciste et capacitiste de ce concept, une histoire qui n’est pas parvenue à rendre compte des diverses expériences de l’agentivité corporelle que le « je peux » visait décrire initialement.
94. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Marie-Anne Casselot S’asseoir comme un homme: Sur le déploiement spatial genré avec Iris Marion Young
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Cet article développe la notion d’intentionnalité appropriatrice à partir du comportement spatial masculin grâce au travail précur-seur d’Iris Marion Young sur l’intentionnalité entravée de la motilité et de la spatialité féminines dans « Throwing Like a Girl ». En analysant le phénomène de l’étalement masculin [manspreading] dans les transports en commun, il est question de soulever l’enjeu du partage égalitaire de l’espace public d’un point de vue à la fois phénoménologique et politique. À l’aide de certains chapitres choisis de Justice and the Politics of Difference, j’aborderai l’enjeu des comportements corporels soutenant certains types d’oppressions ainsi que la possibilité de vivre de façon égalitaire lorsqu’on adopte la notion youngienne de différentiation sociale sans exclusion dans les milieux urbains. Beginning from an analysis of masculine spatial comportment, this article develops the notion of appropriative intentionality in order to build upon the ground-breaking work of Iris Marion Young on the inhibited intentionality of feminine motility and spatiality in “Throwing Like a Girl.” The phenomenon of “manspreading” in public transit raises the question of equitably shared public space, from both a phenomenological and a political perspective. Drawing upon select chapters from Justice and the Politics of Difference, I examine how bodily comportment sustains certain types of oppression and explore the possibility of living in an egalitarian manner when we adopt the Youngian notion of social differentiation without ex-clusion in urban settings.
95. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Luna Dolezal Feminist Reflections on the Phenomenological Foundations of Home
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Through exploring some of the foundational and structural aspects of the experience of home from a feminist perspective, this article will draw from Iris Marion Young’s reflections on home, female experience and embodiment to argue that home is central to our ontological and subjective constitution. While acknowledging that home can be a problematic concept in the socio-political realm, particularly for feminist thinkers, this article contends that a feminist reading of the phenomenology of home is crucial to understanding some of the foundational features of human subjectivity. In doing so, it will explore aspects of some existing phenomenological accounts of home and dwelling which posit that home is an ontological structure, outlining a feminist phenomenology of home that explores three interwoven aspects: (1) home as forming an on-tological ground of human subjectivity; (2) home as a gendered space; (3) and pregnant embodiment as the “first home.” Dans cet article, nous explorerons quelques aspects fondamentaux de l’expérience du « chez-soi » dans une perspective féministe, inspirée par les réflexions d’Iris Marion Young à propos du chez-soi, de l’expérience féminine et du corps vécu. Nous affirmerons que le chez-soi est au centre de notre constitution ontologique et subjective. Tout en prenant acte du caractère problématique du « chez-soi » dans le champ sociopolitique, et ce, tout particulièrement pour les philosophes féministes, nous soutiendrons qu’une approche féministe de la phénoménologie du « chez-soi » est nécessaire pour comprendre plusieurs aspects fondamentaux de la subjectivité hu-maine. Pour ce faire, nous présenterons d’abord quelques théories phénoménologiques existantes du chez-soi et de l’habitation [dwelling] qui considèrent le chez-soi comme une structure ontologique. Ensuite, nous insisterons sur trois aspects entrelacés d’une phénoménologie féministe du chez-soi : (1) le chez-soi comme fondation ontologique de la subjectivité humaine; (2) le chez-soi comme un espace genré; et (3) l’expérience corporelle d’être enceinte comme le « premier chez-soi ».
96. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Kathleen Hulley The Philosophy of Iris Marion Young: A Bibliography
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97. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Ian Angus Galilean Science and the Technological Lifeworld: The Role of Husserl’s Crisis in Herbert Marcuse’s Thesis of One-Dimensionality
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This analysis of Herbert Marcuse’s appropriation of the argument concerning the “mathematization of nature” in Edmund Husserl’s Crisis of the European Sciences and Transcendental Phenomenology shows that Marcuse and Husserl both assume that the perception of real, concrete individuals in the lifeworld underlies formal scientific abstractions and that the critique of the latter requires a return to such qualitative perception. In contrast, I argue that no such return is possible and that real, concrete individuals are constituted by the relation between a given perception and its horizon. In this manner, Marcuse’s social critique can be combined with Husserl’s theoretical-perceptual one, making possible an ecological critique. L’analyse de l’appropriation que fait Herbert Marcuse de l’argument concernant la « mathématisation de la nature » dans la Crise des sciences europe ennes et la phénoménologie transcendantale de Husserl démontre que Marcuse et Husserl assument tous les deux que la perception des individus réels concrets dans le monde de la vie sous-tend les abstractions scientifiques formelles et que la critique de ces dernières nécessite un retour à la perception qualificative. J’avance au contraire qu’un tel retour n’est pas possible et que les individus réels concrets sont constitués par la relation entre une perception donnée et son horizon. Nous pouvons alors combiner la critique sociale de Marcuse avec la critique théorico-perceptuelle de Husserl pour en faire une critique égologique.
98. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
David Mitchell Existentialism is not a Humanism: Nothingness and the Non-Humanist Philosophy of the Early Sartre
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This article challenges the view, originating in Heidegger’s Letter on Humanism, according to which Sartre’s thought remains wedded to a substantial, “humanist,” conception of the subject. Beginning with an account of Heidegger’s critique in the Letter, I examine the idea that humanism posits the human as a mode of entity in the world, thus precluding an originary enquiry into its nature. Next, I show how Heidegger is wrong to attribute such a view to Sartre. Turning to The Transcendence of the Ego, we see how Sartrean phenomenology reveals human beings as essentially worldly. Further, this engagement with Sartre allows us to see how we can reject humanism while maintaining a distinct meaning for the human. Specifically, interpreting Being and Nothingness makes clear how, when the human is conceptualized as the modification of world that is nothingness, it can have a distinctive being without existing as humanism’s subject-entity. Cet article met à l’épreuve l’idée qui prend son origine dans la Lettre sur l’humanisme de Heidegger selon laquelle la pensée de Sartre demeure attachée à une conception substantielle, « humaniste », du sujet. En commençant par un examen de la critique hei-deggérienne dans la Lettre, je considère l’idée qui veut que l’humanisme pose l’être humain comme un mode d’étant dans le monde et rende ainsi impossible un questionnement de sa nature. Ensuite, je montre comment Heidegger a tort d’attribuer une telle perspective à Sartre. Si l’on se tourne vers La transcendance de l’ego, on voit que la phénoménologie sartrienne révèle l’être hu-main comme essentiellement mondain. De plus, cet engagement avec la pensée sartrienne nous permet de voir comment on peut re-jeter l’humanisme tout en maintenant un sens distinct pour l’être humain. Plus spécifiquement, une relecture de L’E tre et le ne ant clarifie comment une conceptualisation de l’être humain comme la modification du monde qu’est le néant permet d’attribuer à l’être humain un être distinct sans pour autant en faire l’étant-sujet de l’humanisme.
99. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Guillaume St-Laurent La solution implicite de Charles Taylor au problème de l’« historicisme transcendental »
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Notre objectif est de montrer que la théorie de l’argumentation philosophique développée par Charles Taylor apporte une solution élégante, quoiqu’implicite, au problème de l’« historicisme transcendantal » dans la tradition herméneutique contemporaine (Heidegger, Gadamer, Ricoeur). Ce problème consiste à se demander comment il peut être possible à la fois (1) de désavouer l’existence de vérités « absolues » ou « anhistoriques » et (2) de reconnaître au discours philosophique sur l’« historicité » (Geschichtlichkeit) de la pensée tous ses droits, puisque ce discours demeure de facto et de jure une pensée de l’a priori. En ce sens, mes analyses se concentre-ront sur la façon dont Taylor parvient à justifier la thèse – en apparence contradictoire – selon laquelle la réflexion philosophique peut parvenir à des conclusions « apodictiques et pourtant ouvertes à un débat sans fin ». Our aim is to show that Charles Taylor’s theory of philosophical argumentation proposes an elegant, albeit implicit, solution to the problem of “transcendental historicism” in contemporary hermeneutics (Heidegger, Gadamer, Ricoeur). This problem consists in asking how it is possible both to (1) disavow the existence of “absolute” or “anhistorical” truths and (2) fully acknowledge the status of philosophical discourses on “historicity” (Geschichtlichkeit), since those discourses remain de facto and de jure properly a priori. The following discussion focusses on how Taylor manages to justify the seemingly contradictory thesis that philosophical reflection can reach conclusions that are “apodictic and yet open to end-less debate.”
100. Symposium: Volume > 21 > Issue: 2
Max Schaefer The Failure of Life: Michel Henry and the Ethics of Incompleteness
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This article addresses the problematic relation between Michel Henry’s phenomenology of life and ethics. More specifically, it asks whether Henry’s account of the self’s transcendental birth in the immanent self-generation of life allows for a sense of individual responsibility. I begin by discussing Henry’s generation of the self and show how the historical essence of the self is structured according to the antinomy of affectivity. I then show how, for Henry, this history of life is full and yet incomplete. Accordingly, life is attracted to growth and this growth happens insofar as living beings proceed through a series of stages of despair. I develop these stages by looking at Henry’s analyses of anxiety, desire, and humility in relation to Kierkegaard. I argue that even though there is already an initial sense of responsibility at work in the earliest stirrings of anxiety, it is only in humility that the self comes to know who it truly is and how it ought to relate to others. Cet article se penche sur la relation problématique entre la phéno-ménologie de la vie et l’éthique de Michel Henry. Plus spécifiquement, nous nous demandons si l’explication de la naissance trans-cendantale du soi dans l’auto-génération immanente de la vie que propose Henry permet de rendre compte d’un sens de la responsabilité personnelle. Nous débutons avec une analyse de la génération du soi chez Henry et montrons comment l’essence historique du soi est structurée selon l’antinomie de l’affectivité. Nous montrons en-suite comment, pour Henry, cette histoire du soi est pleine bien qu’incomplète. En conséquence, la vie est attirée par la croissance, et cette croissance se produit dans la mesure où les êtres vivants passent à travers une série de stades du désespoir. Nous dévelop-pons ces divers stades en nous tournant vers les analyses que fait Henry de l’angoisse, du désir, et de l’humilité en relation avec Kierkegaard. Nous soutenons que même s’il y a déjà un sens initial de la responsabilité à l’oeuvre dans le premier éveil de l’angoisse, c’est seulement en atteignant le stade de l’humilité que le soi en vient à savoir qui il est vraiment et comment il doit se rapporter aux autres.