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101. Chiasmi International: Volume > 19
Emmanuel Alloa Merleau-Ponty à Madagascar: L’épreuve de l’étranger et la décolonisation de la pensée
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Si les analyses merleau-pontiennes sont aujourd’hui fréquemment utilisées dans les études postcoloniales, notamment les analyses du corps, on n’a toujours pas prêté suffisamment attention à l’importance qu’eut pour sa pensée la confrontation avec la réalité du colonialisme, au fil de divers voyages vers la moitié des années 1950. Dans l’article, il s’agit en particulier de faire émerger le rôle exemplaire qu’au pu avoir la confrontation avec la réalité de Madagascar, en 1957, et ses effets en retour sur un certain nombre de catégories philosophiques et politiques. Outre la reconstruction historique des circonstances de ce voyage, l’article se focalise sur trois notions centrales dont cette « épreuve de l’étranger » aura permis de faire apparaître la nature dialectique : les notions d’altérité, d’universalité, et d’autodétermination. L’altérité n’est plus une relation frontale, mais résulte d’une expérience de « décentrement » ; l’universalité doit être problématisée, en direction d’un « universel latéral » tandis que l’idée même de l’autodétermination soulève des questionnements autant politiques qu’ontologiques : dans la lutte pour une indépendance immédiate des colonies, Merleau-Ponty soupçonne le spectre d’une pensée libérale qui masque les liens de dépendance qui persistent sous d’autres formes. If Merleau-Pontian analyses – notably the analyses of the body – are, today, frequently used in post-colonial studies, sufficient attention was not always paid to the importance that the confrontation with the reality of colonialism had for his thought in the course of various travels during the mid-1950’s. This article is concerned, in particular, with shedding light on the exemplary role that the confrontation with the reality of Madagascar in 1957 could have had, and its effects in return on quite a number of philosophical and political categories. More than a historical reconstruction of the circumstances of that journey, the article focuses on three central notions whose dialectical nature is made apparent by this “experience of the foreign”: the notions of alterity, universality, and self-determination. Alterity is no longer a frontal relation, but results from an experience of “decentering,” universality must be problematized in the direction of a “lateral universality,” and the very idea of self-determination raises questions as much political as ontological. In the struggle for an immediate independence for the colonies, Merleau-Ponty senses the specter of a liberal thought that conceals the relations of dependence that persist in other forms. Se oggi le riflessioni merleau-pontiane, in particolare sul corpo, sono utilizzate di frequente negli studi postcoloniali, non si è mai prestata sufficiente attenzione all’importanza che ebbe, per il pensiero di Merleau-Ponty, il confronto con la realtà del colonialismo nel corso dei diversi viaggi effettuati dal filosofo verso la metà degli anni ’50. In quest’articolo ci proponiamo di far emergere il ruolo esemplare che poté avere il confronto con la realtà del Madagascar nel 1957 e le sue ripercussioni su un certo numero di categorie filosofiche e politiche. Oltre che sulla ricostruzione storica delle circostanze di questo viaggio, l’articolo si concentra su tre nozioni di cui questa esperienza avrebbe permesso di far apparire la natura dialettica: le nozioni di alterità, di universalità e di autodeterminazione. L’alterità non è più una relazione frontale, bensì risulta da un’esperienza di “decentramento”; l’universalità deve essere problematizzata nella direzione di un “universale laterale”, mentre l’idea stessa di autodeterminazione solleva un interrogarsi tanto politico che ontologico: nella lotta per un’indipendenza immediata delle colonie, Merleau-Ponty intravvede infatti lo spettro di un pensiero liberale volto a mascherare i legami di dipendenza per farli così persistere sotto altre forme.
102. Chiasmi International: Volume > 19
Marie-Eve Morin Introduction
103. Chiasmi International: Volume > 19
Donald A. Landes Le sujet de la sensation et le sujet résonant: Communion et renvoi chez Merleau-Ponty et Nancy
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Pour Merleau-Ponty et Nancy, le sujet et son monde co-naissent ensemble dans le mouvement paradoxal du sentir. Dans cette perspective, le sentir serait alors un point de départ privilégié afin de déconstruire les théories classiques de la subjectivité et pour construire une nouvelle compréhension décentrée du sujet. Même si ces deux philosophes divergent sur la question du sujet, il est possible de les rapprocher sur la question du sentir et en particulier à propos de l’expérience de l’écoute. De cette façon, nous ferons ressortir un ton radical chez le premier Merleau-Ponty et un timbre (ou une tonalité) phénoménologique chez Nancy. Pour ce faire, nous démontrons que l’écoute révèle la subjectivité comme activité de « coexistence » (et non pas de « coïncidence »), comme « co-naissance » (et non pas connaissance), et comme « trajectoire » (et non pas présence statique). En d’autres termes, c’est par la voie de l’écoute qu’on retrouve une théorie radicale de la subjectivité déjà présente dans la Phénoménologie de la perception, ainsi qu’une tonalité phénoménologique chez Nancy. For Merleau-Ponty and for Nancy, the subject and his or her world are born together (co-naissent) in the paradoxical movement of sensing. From this perspective, sensing is thus a privileged point of departure for the deconstruction of classical theories of subjectivity and for the construction of a new notion of a decentered subjectivity. Even though it may appear that these two thinkers diverge precisely with regard to the definition of the subject to be theorized, by bringing them together on the topic of sensing (and “listening” in particular), we are able to bring out a radical tone in Merleau-Ponty’s early work as well as a phenomenological timbre in Nancy’s thought. In this paper I demonstrate that listening reveals how subjectivity is an activity of “co-existence” rather than “co-incidence,” of “co-birth” (co-naissance) rather than “knowledge” (connaissance), and is a trajectory rather than a static presence. In other words, by listening to listening we rediscover a radical theory of subjectivity already at work in Phenomenology of Perception and a phenomenological tonality in the work of Nancy. Per Merleau-Ponty e Nancy, il soggetto e il suo mondo co-nascono nel movimento paradossale del sentire. In questa prospettiva, il sentire sarebbe allora un punto di partenza privilegiato per decostruire le teorie classiche della soggettività e costruire una nuova comprensione decentrata del soggetto. Anche se i due filosofi divergono sulla questione del soggetto, è possibile avvicinarli circa la questione del sentire e in particolare a proposito dell’esperienza dell’ascolto. In questo modo, cercheremo di far emergere un tono radicale nel primo Merleau-Ponty e un timbro (o una tonalità) fenomenologica in Nancy. Per farlo, mostreremo come l’ascolto riveli la soggettività come attività di “coesistenza” (e non di “coincidenza”), come “co-nascenza” (e non conoscenza), e come “traiettoria” (e non presenza statica). In altri termini, è attraverso l’ascolto che ritroviamo una teoria radicale della soggettività già presente in Fenomenologia della percezione, così come una tonalità fenomenologica in Nancy.
104. Chiasmi International: Volume > 19
Rajiv Kaushik Introduction
105. Chiasmi International: Volume > 19
Jordan Willocq La chair de la lettre: de l’archi-écriture de jacques derrida à la figure de l’archi-écran de mauro carbone
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C’est dans son livre Philosophie-écrans, du cinéma à la révolution numérique que Mauro Carbone thématise la « figure » de l’archi-écran. La formulation de cette figure est empruntée à Jacques Derrida qui, il y a un demi siècle dans De la grammatologie, nommait « archi-écriture » la différence originaire, précédant toute identité à soi des termes différents. Derrida remarquait que l’écriture était historiquement et conceptuellement réprimée par la parole vive, ce qui l’engageait à renverser stratégiquement la hiérarchie et à généraliser l’écriture, afin de mettre du jeu dans le travail de répression des oppositions métaphysiques les plus massives. En la comparant à l’archi-écriture, nous voudrions mettre à l’épreuve la figure de l’archi-écran que propose Mauro Carbone. Une question majeure se dégage d’un tel rapprochement : l’écran se trouve-t-il dans une situation historique et conceptuelle telle que sa généralisation, sous le nom d’« archi-écran », se substituerait à la généralisation derridienne de l’écriture pour en approfondir ou en déplacer l’opération subversive ? Cela n’a-t-il pas lieu, de fait ? Nous espérons ainsi parvenir à mesurer toute l’ampleur d’une opération qui, pour ne se donner à lire que très modestement, ne laisse pas moins entrevoir sa profonde radicalité. De l’écriture à l’écran, le déplacement se ferait bien du lire au voir, réinvestissant peut-être dans la visibilité même cette limite de la phénoménalité que Derrida reconnaissait à l’oeuvre dans l’écriture, au point de lui redonner chair. It is in his book, Philosophie-écrans, du cinéma à la révolution numérique, that Mauro Carbone thematizes the “figure” of the archi-screen. The formulation of this figure derives from Jacques Derrida who, half a century ago in Of Grammatology, defined “archi-writing” as originary différance, preceding all self-identity of different terms. Derrida observed that writing was historically and conceptually repressed by living speech, which engaged him in a strategic reversal of the hierarchy and the generalization of writing in order to make room to undermine the work of repression of the heaviest metaphysical oppositions. By comparing it with archi-writing, we would like to test the figure of the archi-screen that Mauro Carbone proposes. A major question emerges from such a comparison: is the screen in such a historical and conceptual situation that its generalization, under the name of the “archi-screen,” can be substituted for the Derridean generalization of writing so as to deepen or to displace its subversive operation? Does this not, in fact, happen? We thus hope to be able to assess the full dimensions of an operation which, while read only very modestly, permits us nevertheless to glimpse its profound radicality. From writing to the screen, the shift could well be done from reading to seeing, perhaps reinvesting in visibility itself that limit of phenomenality that Derrida recognized as operating in writing, to the point of giving it back its flesh.È nel suo libro Filosofia-schermi, dal cinema alla rivoluzione digitale che Mauro Carbone tematizza la “figura” dell’archi-schermo. L’elaborazione di questa figura ci riporta a Jacques Derrida che, mezzo secolo prima, in Della grammatologia, definiva “archi-scrittura” la differenza originaria che precede tutte le identità proprie dei termini differenti. Derrida osservava come la scrittura fosse storicamente e concettualmente repressa dalla parola viva, e perciò si proponeva di rovesciare strategicamente la gerarchia e generalizzare la scrittura, con lo scopo di scardinare giocosamente il lavoro di repressione all’opera nelle più importanti opposizioni metafisiche. Attraverso un confronto con l’archi-scrittura, vorremmo a nostra volta mettere alla prova la figura dell’archi-schermo proposta da Mauro Carbone. Tale accostamento genera un interrogativo cruciale: lo schermo si trova anch’esso in una situazione storica e concettuale tale per cui la sua generalizzazione, sotto il nome di archi-schermo, si sostituisca alla generalizzazione derridiana della scrittura per approfondirne o dislocarne l’operazione sovversiva? Questo, di fatto, non sta già succedendo? Speriamo così di giungere a misurare tutta l’ampiezza di un’operazione che, pur offrendosi modestamente alla lettura, lascia al contempo intravvedere la sua profonda radicalità. Dalla scrittura allo schermo, lo spostamento sarebbe allora dal leggere al vedere, re-investendo così nella visibilità stessa questo limite del fenomenico che Derrida vedeva all’opera nella scrittura, al punto da restituirle una carnalità.
106. Chiasmi International: Volume > 19
Emmanuela De Toni Quelques annotations à propos de La métaphysique chez Merleau-Ponty de Michel Dalissier
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Dans son ouvrage intitulé La métaphysique chez Merleau-Ponty, Michel Dalissier entreprend un riche commentaire des occurrences du mot « métaphysique » dans l’intégralité des oeuvres du phénoménologue français. Il organise son étude moyennant une triade de notions directrices - structuration, factivité, reprise - qu’il applique aux textes merleaupontyens pour y faire émerger le travail actif d’une vis métaphysique sous-tendue à l’articulation générale de cette philosophie. Il montre que l’exigence d’une refonte de la métaphysique, que Merleau-Ponty revendique souterrainement dans peu de loci, structure sa phénoménologie et son ontologie, ainsi que ses approches de thématiques les plus variées, de la religion aux arts.In his work, La métaphysique chez Merleau-Ponty, Michel Dalissier undertakes a rich commentary on occurences of the word “metaphysics” throughout the entire body of work of the French phenomenologist. He organizes his study by means of a triad of principal concepts – structuration, factuality, retake – that he applies to Merleau-Ponty’s texts in order to bring to light the active operation of a metaphysics underlying the general articulation of that philosophy. He shows that the need for a recasting of metaphysics, something Merleau-Ponty implicitly calls for in only a few places, shapes his phenomenology and his ontology, as well as his approaches to a variety of topics, from religion to the arts.In La métaphysique chez Merleau-Ponty, Michel Dalissier ci consegna un ricco commento delle occorrenze del termine “metafisica” nelle opere del fenomenologo francese, considerate nella loro integralità. Il libro è organizzato intorno ad una triade di nozioni cardinali - strutturazione, fattività e ripresa - che Dalissier applica ai testi di Merleau-Ponty per fare emergere da essi il lavoro attivo di una metafisica che sarebbe sotteso all’articolazione generale di questa filosofia. Egli mostra come l’esigenza di una riforma della metafisica, che Merleau-Ponty rivendica sotterraneamente in pochi loci, strutturi bensì la sua fenomenologia e la sua ontologia, così come il suo approccio alle tematiche più disparate, dalla religione alle arti.
107. Chiasmi International: Volume > 2
Nicoletta Grillo Le philosophe et la psychologie: Colloque organisé par Ie Merleau-Ponty Circle USA à Wrexham du 29 juillet au ler août 1999
108. Chiasmi International: Volume > 2
Paolo Gambazzi L’oeil et son inconscient: Monde, sujet et pensée chez le dernier Merleau-Ponty
109. Chiasmi International: Volume > 2
Michael Sanders “Merleau-Ponty et la cultivation du corps” au Goucher College
110. Chiasmi International: Volume > 2
Leonard Lawlor L’héritage de L’origine de la géométrie: les limites de la phénoménologie chez Merleau-Ponty et Derrida
111. Chiasmi International: Volume > 2
Pierre Cassou-Noguès Merleau-Ponty et les sciences de la nature: Lecture de la physique moderne: confrontation à Bergson et à Whitehead
112. Chiasmi International: Volume > 2
Agata Zielinski La notion de la transcendance dans Le visible et l’invisible: de l’indétermination au désir
113. Chiasmi International: Volume > 2
Franck Robert Fondement et fondation
114. Chiasmi International: Volume > 2
Pascal Dupont Du cogito tacite au cogito vertical
115. Chiasmi International: Volume > 2
Mauro Carbone Nature et Logos: “Pourquoi y a-t-il plusieurs exemplaires de chaque chose?”
116. Chiasmi International: Volume > 2
Renaud Barbaras Merleau-Ponty et la Nature
117. Chiasmi International: Volume > 2
Renaud Barbaras, Patrick Burke Présentation
118. Chiasmi International: Volume > 2
Jean-Noël Cueille La profondeur du négatif: Merleau-Ponty face à la dialectique de Hegel
119. Chiasmi International: Volume > 2
Étienne Bimbenet “L’être interrogatif de la vie”: l’historicité de la vie dans les cours du Collège de France (1957-1958)
120. Chiasmi International: Volume > 2
Philippe Cabestan La critique de I’ontologie sartrienne dans Le visible et I’invisible